ESSAOUIRA
Le vent le surprend…
Le vent est parfumé
Le vent est câlin
Le vent est son ami et lui caresse doucement les tempes rougies par le soleil.
Il ferme les yeux et repense à cette après-midi improbable.
Paris est loin.
Il voulait s’évader un peu, il avait besoin de laisser derrière lui son petit appartement, sa petite machine à écrire, son petit calepin. Il avait besoin de changer d’habit, de se laver à une autre eau, de voir grand, large, différemment. Trois mois qu’il n’avait pas écrit une seule ligne, et la feuille blanche le narguait.
Il était parti au hasard sur cette côte marocaine. Elle avait inspiré bon nombre de poètes, de cinéastes paraît-il. Alors pourquoi pas ?
Cette longue promenade dans la médina avait rassasié ses sens trop longtemps calfeutrés.
Et il l’avait croisé. Ne l’avait pas remarqué immédiatement, plongé dans les épices multicolores. Puis il avait senti une ombre l’effleurer.
S’était retourné.
Sans doute n’aurait-il pas dû.
Mais le bleu était si intense…